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Questions fréquemment posées

 

Comment le Parc est-il géré ?

En 2013, une association a été créée par les partenaires publics pour définir un projet et une organisation qui assurent une cohérence entre plusieurs objectifs :

  • La préservation et la restauration du site historique dans le respect de l’art des jardins et de l’histoire du lieu, en en documentant et enrichissant les archives
  • Le rayonnement du site sur ses territoires : le territoire local des habitants et partenaires culturels et socio-économiques ; aussi, les territoires auxquels est attaché ce jardin historique : littéraires, artistiques, historiques, philosophiques… réseaux de jardins, réseaux rousseauistes… ; ensuite, bien entendu, les territoires touristiques et, notamment, les réseaux de tourisme patrimonial
  • L’inscription dans le présent grâce à un programme culturel contemporain, autant lié au patrimoine historique que naturel : la programmation touche autant aux arts, aux arts du paysage et à l’écologie, qu’à la philosophie et à l’éducation.
  • L’ouverture à un large public, avec un programme qui reste de qualité.

Cette proposition a obtenu le label du ministère de la Culture « Centre culturel de rencontre ».

 

 

Pourquoi le Parc est-il fermé ?

Le Parc est fermé depuis février 2019. Au départ, c’est pour des raisons de sécurité, car des arbres étaient tombés et avaient endommagé des parties du site. Ensuite, il a été décidé de suspendre les recrutements nécessaires à l’accueil du public (6 jours sur 7 et 7 jours sur 7 à partir du mois de mai), à l’entretien du Parc et à l’accueil des groupes, parce que l’avenir de l’association a été remis en question dès le 10 février. Il n’était donc pas cohérent de recruter des personnes dans une perspective d’arrêt des activités.

 

 

Pourquoi l’entrée était-elle payante ?

Au début de l’activité du CCR, le prix d’entrée a été fixé à 5 euros et à 3 euros pour le tarif réduit : c’est un prix similaire aux jardins historiques de la région (Chantilly parc seul : 8 euros ; Chaalis parc seul : 4 euros). Mais, l’avantage du CCR, grâce au soutien public, est de privilégier les familles, les habitants et l’accès au Parc Rousseau et à la culture grâce à :

  • une gratuité pour les moins de 18 ans
  • des abonnements annuels à prix très réduits – et gratuits pour les habitants des communes avoisinantes
  • une gratuité des spectacles, ateliers, visites commentées et manifestations culturelles qui sont inclus dans le billet d’entrée
  • une gratuité pour tous à de nombreuses occasions dans l’année : journées du patrimoine, « Rendez-vous aux jardins », « nuit des étoiles »…

Par ailleurs, l’association a dans ses missions la recherche de fonds privés, c’est une demande des collectivités publiques.

 

 

À quoi est utilisé l’argent public des contribuables via le Conseil départemental, la Région Hauts-de-France et la Direction régionale des affaires culturelles ?

  • A entretenir les 62 hectares de jardin (forêt, étangs, prairies) de ce monument historique du XVIIIe siècle
  • A préserver le patrimoine historique (fabriques et inscriptions) et naturel (zones humides, biodiversité) pour en assurer la restauration et en protéger les écosystèmes
  • A documenter le site historique, c’est-à-dire mener des études, retrouver et classer des archives, faire de la recherche, pour être fidèle au site et à son histoire
  • A transmettre l’héritage des Lumières et l’histoire des jardins en les faisant comprendre au plus large public possible
  • A générer de la médiation culturelle ainsi que des créations artistiques et littéraires par le biais de résidences d’artistes, écrivains ou chercheurs, afin de prolonger le lien avec cette culture tant célébrée par nos ancêtres
  • A faire rayonner le lieu auprès d’un large public, local, national et international – ce qui profite à tout le monde : aux habitants qui améliorent leur qualité de vie et au tissu socio-économique
  • A payer le programme en faveur de l’éducation à l’art, la nature, le paysage, l’histoire et la philosophie, en direction des enfants et des adultes
  • A payer les événements et ateliers organisés d’avril à octobre sur le site et réalisés par des artistes et intervenants professionnels
  • A payer les salaires des 12 à 15 personnes qui travaillent sur le site toute l’année ainsi que le matériel nécessaire à l’entretien du Parc Rousseau et à l’accueil des événements sans nuire au lieu.

 

 

Quelles sont les ressources du Centre culturel de rencontre ?

  • L’association doit compléter les ressources publiques avec la recherche de ressources privées, ce qui demande d’être inventif, car il n’y a pas d’espaces couverts au Parc Rousseau ! Les recettes de billetterie, la location d’espaces pour des événements privés, la vente de livres, la buvette, la recherche de sponsors et de mécènes, la location pour des tournages… toutes ces activités sont allées en s’accroissant depuis la création du Centre culturel de rencontre. Mais cela demande un travail patient de communication pour faire connaître le site ainsi que des ressources humaines en adéquation avec cette diversification des ressources financières.
  • Le Centre culturel de rencontre n’est pas un centre de profit, mais une association à but non lucratif et une structure culturelle, qui doit aussi faire preuve de dynamisme pour compléter l’apport public. C’est l’intérêt de l’association de pouvoir compléter cet effort public avec des ressources propres pour servir aux habitants et au public, mais il ne s’agit pas d’une entreprise commerciale qui, elle, a pour premier objectif son propre profit.

 

 

Et avant le Centre culturel de rencontre, qui finançait l’activité du Parc Rousseau ?

En 2012, le fonctionnement du Parc Rousseau était financé à 100 % par le propriétaire du site qui est le Département de l’Oise. L’activité du Centre culturel de rencontre était financée, en 2013, à 95% par le Département de l’Oise.
En outre, un chantier d’insertion, financé par le Département, contribuait à l’entretien du Parc Rousseau grâce à environ 12 personnes employées. En 2015, ce chantier a été supprimé par le Département pour restriction budgétaire.
C’est le Centre culturel de rencontre qui s’est adapté à cette contrainte, en procédant sur ses fonds au recrutement de quelques jardiniers, malgré une diminution importante de la subvention du Département en 2016. En 2018, la contribution du Département est tombée à 60%.

 

 

Qu’est-ce qu’un Centre culturel de rencontre ? À quoi ça sert ?

  • Le réseau des Centres culturels de rencontre est un réseau très prestigieux, qui rassemble notamment l’abbaye de Fontevraud, l’abbaye de Royaumont, l’abbaye de Noirlac, les Salines royales d’Arc-et-Senans, ou encore le domaine de Chaumont-sur-Loire. L’originalité de ce réseau est de conjuguer une valorisation et une transmission du patrimoine avec la création artistique contemporaine : ainsi, le lieu historique s’inscrit dans une histoire au présent qui favorise son dynamisme et un dialogue avec nous, qui sommes le public d’aujourd’hui !
  • Ces lieux développent à la fois un programme culturel et des événements très visibles par le public. Moins visible, une grande partie du travail des CCR vise à comprendre, restaurer et améliorer les monuments historiques dont ils ont la charge.

 

 

Combien de personnes travaillent sur le site et que font-elles ? que deviendront-elles si le CCR disparaît ?

L’équipe, de 12 à 15 personnes habituellement, est composée de personnes en contrat de travail simple, complétée par des personnes en insertion, des personnes en mission de service civique ou en formation conventionnée (stagiaires).
Ces personnes se répartissent entre des fonctions liées au jardin, à la culture, au tourisme, à la médiation et à l’administration pour assurer la gestion de ce lieu de 62 hectares et accueillir le public toute l’année, 7 jours sur 7 en haute saison. Des bénévoles ont permis ponctuellement d’étoffer l’équipe, lors d’événements qui ont parfois accueilli plus de 1000 visiteurs simultanément.
Actuellement, l’effectif est beaucoup plus faible, car les recrutements ont été abandonnés du fait des incertitudes. En cas de dissolution de l’association, une partie des personnels sera reclassée par l’exploitant suivant, une autre sera licenciée.

 

 

Combien de personnes sont accueillies ? Est-ce que ce chiffre est satisfaisant ?

En 2012, au tout début de l’activité du CCR, on dénombrait 13 000 visiteurs. En 2018, nous avons accueilli environ 28 000 visiteurs. C’est un chiffre satisfaisant…
… surtout lorsque l’on sait que, parmi ces 28 000 visiteurs :

  • 4 200 sont des jeunes publics et adultes qui ont bénéficié d’une sensibilisation aux arts, à la nature, à la philosophie et/ou à la culture et d’un suivi très attentif en petits groupes (souvent de douze/quinze enfants) par des intervenants spécialisés ;
  • 1 550 sont d’autres scolaires qui ont eu un accompagnement en plusieurs sessions et souvent hors les murs (notamment un programme de philosophie jeunesse en partenariat avec l’Unesco qui vise à former les scolaires ET leurs enseignants)

et aussi que

  • le Parc Rousseau n’est accessible qu’en voiture, à pied ou à vélo…. Pas de transports publics : c’est une difficulté pour le public qui n’a pas de voiture… et nos non-visiteurs le déplorent souvent.
  • le Parc Rousseau est dénué d’infrastructures et de bâtiments qui permettraient l’accueil de nombreux groupes en même temps…. Les deux toilettes sont adaptées à un bus de 60 personnes, mais il ne faut pas que trop de visiteurs se pressent en même temps ! Il n’y a pas non plus de lieu sécurisé pour accueillir les bus… Et, s’il pleut, le Parc ne dispose pas de local de repli ! Même les enfants ne peuvent pas être accueillis sous un préau : il n’y en a pas ! Le CCR a dû déployer de l’inventivité pour améliorer son accueil, malgré l‘absence d’investissements adaptés : toilettes sèches, tentes, huttes… et des fondations ont même aidé le CCR dans cette démarche !
  • la nature est fragile ! si les visiteurs se pressaient par centaines tous les jours sur les mêmes allées et les mêmes parcours, il y a de fortes chances pour que les racines des arbres majestueux plusieurs fois centenaires n’y résistent pas… Certains espaces sont protégés comme Zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF); les prairies font l’objet de protection, les zones humides également; et la faune fait l’objet d’une attention particulière en relation avec nos partenaires (CPIE, CENP). Il s’agit de préserver l’harmonie entre la vie faunistique, la flore… et les visiteurs.
  • l’on ne peut pas mettre des aménagements n’importe où… le Parc Rousseau est protégé comme Monument historique pour tous ses espaces : il faut donc préserver ce qui est visible, pour qu’à chaque moment on se sente dans une nature sauvage et dans un tableau du XVIIe siècle. C’est l’objectif de ce parc historique : vous faire vous sentir comme dans un tableau paysager, que ce soit le jour ou la nuit.

Notre site internet, très détaillé, contribue aussi à un large rayonnement du lieu : en un an, 90 000 pages consultées depuis le monde entier !

 

 

D’où viennent les visiteurs ?

Tout le monde est bienvenu ! Le Parc Rousseau a été classé Monument historique dans son ensemble lors des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, car c’est un important lieu de mémoire de l’identité nationale, étroitement lié aux Lumières ainsi qu’au romantisme, notamment par la figure de Nerval qui a largement écrit sur ces paysages.
C’est un des premiers parcs paysagers de France. Il est célèbre dans l’Europe entière, notamment grâce à Rousseau qui, de son vivant, était déjà une « star » internationale. Le site est donc d’une importance qui dépasse son environnement immédiat. Le Parc Rousseau est donc une propriété publique et un bien commun qui concourt au rayonnement international. Des touristes du monde entier viennent le visiter.
Mais notre public, développé et renouvelé depuis 2013, est d’origine géographique et sociale variée. Parmi les habitués, de nombreuses familles des alentours profitent du programme toute l’année. Les enfants – notamment les groupes scolaires – viennent en grande majorité de l’Oise. Nos partenaires sont souvent des acteurs locaux : Pays d’art et d’histoire de Senlis à Ermenonville, CPIE de l’Oise, PNR Oise-Pays de France… Ainsi, le CCR participe pleinement à une dynamique de territoire !

 

 

Pourquoi accueillir des scolaires ?

Tous les lieux culturels ont à cœur et sont fiers de transmettre la culture au jeune public ! Et c’est une demande de nos collectivités publiques que  de travailler en faveur des enfants et de l’insertion sociale : nous remplissons donc nos missions. L’Éducation nationale soutient le CCR, depuis 2016 via une enseignante chargée de mission au sein de notre association, et nous a délivré un agrément qui atteste de la qualité de nos interventions.

Dans un lieu si propice à l’étude de l’histoire, des animaux, du vivant, de la philosophie, de l’écologie, des arts, de la littérature… ce serait quand même dommage de s’en priver : il y en a pour toutes et tous dans ce jardin exceptionnel.
Former les enfants, c’est aussi assurer l’éducation des citoyens de demain. Et ce n’est pas Jean-Jacques Rousseau qui démentira.

 

 

Ne peut-on pas simplement ouvrir le Parc comme un parc public sans action culturelle ? Cela coûterait moins cher !

Attention, ce n’est pas simplement un « espace vert » ! Le Parc Rousseau doit être préservé pour ses paysages : une documentation historique et professionnelle doit être assurée, afin de renseigner à leur tour les jardiniers qui vont mettre en espace ce que plans et gravures nous indiquent. Lorsque le parc a été créé au XVIIIe, c’était un jardin philosophique : tous ses espaces sont porteurs d’un message bien particulier, proposé au visiteur pour réfléchir à des thèmes variés : le progrès de la science, le rapport intime à la nature, les idéaux de l’Antiquité, la réflexion politique, la peinture classique de paysage, et même l’agriculture ou la production !
Tout cela peut être compris par le visiteur d’aujourd’hui, mais demande une documentation et un accompagnement adaptés et en phase avec l’esprit du lieu, qui est aussi lié à l’idée de la nature sauvage. Sans cet accompagnement – professionnel, par des personnes qualifiées… et rémunérées pour leur travail – on court le danger que les générations futures ne comprennent plus ce lieu, que l’information ne soit plus transmise, que le paysage se transforme complètement… et qu’il disparaisse, car personne ne comprendra ce que c’est en réalité ou ne comprendra même plus comment le transmettre le plus fidèlement possible, y compris dans ses paysages. L’action culturelle est à la fois une transmission des espaces et des messages créés par les générations antérieures, un soin et une recherche – ce n’est pas une « animation ».

 

 

Ce ne serait pas un peu « élitiste », votre programme ?

« C’est pourquoi dans ce lieu sauvage,
Tous les hommes seront amis,
Et tous les langages admis ».

Ce n’est pas le Centre culturel de rencontre qui le dit, c’est le marquis de Girardin, dans son message d’accueil à l’entrée historique du site.
Oui, ce lieu est ouvert à toutes et tous, de tous âges et de toutes origines sociales ou géographiques. On y trouve, le dimanche, des jeux en bois et des canots. On y observe des étoiles la nuit. Les jours de fête à l’automne, on peut même faire des apéritifs sauvages et manger du sanglier rôti. On peut y pique-niquer, y jouer à la balle, y contempler la nature. On donne parfois rendez-vous avec un spécialiste des plantes ou des oiseaux pour faire une balade et mieux connaître la nature. Partager le savoir en petit groupe est agréable et simple.
Parfois, on voit des choses plus étonnantes dans le paysage : un spectacle de danse, une installation sonore, un musicien, une conférencière, un conteur, un écrivain qui lit un texte… Le lieu est un centre culturel : il travaille étroitement avec des danseurs, des écrivains, des artistes plasticiens, des designers, des photographes… Dès le début, le jardin a associé des artistes et intellectuels : Rousseau fut invité par René de Girardin, le concepteur du jardin en 1778. Ou encore Hubert Robert, surnommé « peintre des ruines », très célèbre de son vivant, qui représenta le jardin dans de nombreuses peintures.  De nos jours, les artistes sont invités à faire des propositions dans le plus grand respect du site et en harmonie avec l’esprit du lieu.

Ainsi, si l’on n’ose pas pousser la porte d’un théâtre, d’une université ou d’un musée… et bien, la culture s’offre dans le jardin aux visiteurs qui en ont envie ! On y accueille le public avec des jus de pommes (fabriqués dans l’Oise) et dans des transats. On y fait même de la philosophie avec les enfants.
On ne sait pas si c’est ça, être élitiste, mais une chose est sûre : on a confiance en l’intelligence et en la sensibilité de nos visiteurs ; on est certain que tout le monde, amateurs de jeux de balle ou de philosophie des Lumières, peut vivre ensemble et respecter les envies et les soifs de chacun sans se dénigrer les uns les autres. C’est ainsi que nous aimons nos visiteurs… et ils nous le rendent bien !

 

 

Pourquoi ce Centre culturel de rencontre va-t-il probablement cesser ses activités ?

L’association « Centre culturel de rencontre Jean-Jacques Rousseau » est missionnée par les partenaires publics pour gérer et valoriser le site patrimonial « Parc Jean-Jacques Rousseau », qui appartient au Département de l’Oise. Ces missions incluent notamment un travail de restauration des espaces paysagers qui demande une gestion sur le long terme. Les missions du Centre culturel de rencontre demandent donc, pour garder le label « CCR » décerné par le ministère de la Culture, d’avoir non seulement une convention sur trois ans qui détermine les objectifs du CCR, mais aussi la certitude de disposer du lieu pendant trois ans.

Le 22 mars 2019, le Département de l’Oise a fait connaître son souhait de ne pas valider avec les partenaires publics, ministère de la Culture et région Hauts-de-France, une convention triennale pourtant nécessaire au maintien du label « CCR ». Cette signature était rendue obligatoire avant le 31 mars 2019, d’après la loi dite LCAP (décret no 2017-434 du 28 mars 2017 relatif au label « centre culturel de rencontre » pris pour l’application de l’article 72 de la loi n2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine).

Le Département de l’Oise a fait savoir à l’association que cette décision était motivée par une réflexion entamée au sujet de la gestion de sa propriété et a concédé une convention d’occupation d’un an à l’association pour 2019. Or, une convention d’un an revenait à perdre le label national « centre culturel de rencontre » – les financements alloués ne permettaient pas de mettre en œuvre les recrutements nécessaires à l’ouverture du Parc dans les conditions requises d’accueil et de sécurité – et aurait conduit à renoncer aux autres partenaires publics et à leurs soutiens financiers et, donc, à la capacité à mener à bien nos missions.

L’association Centre culturel de rencontre Jean-Jacques Rousseau a été liquidée à partir de la fin mai 2019.